mercredi 19 mai 2010

The Simple Life

Salut la compagnie,

Voila, c'est fait, après 3 mois passés dans la "baie des faucons", nous avons enfin hisser les voiles et mis le cap sur d'autres horizons.
En effet, récemment dans les vergers, nous avons rencontré un couple de fidjiens cueilleurs professionnels avec qui nous avons sympathisé et qui ont eu la bonne idée de nous dire qu'après les pommes, ils allaient cueillir des citrons un peu plus au nord, et qu'habituellement, ils s'y faisaient des "c.... en or". Vénaux comme nous le sommes, et ayant besoin de quelques argents supplémentaire avant de définitivement reprendre le voyage, nous nous sommes glissés dans leur valise et avons donc atterri a Gisborne , dans la Poverty bay il y a deux trois semaines. Non sans avoir dit au revoir à notre cher parking avec effusion et sans avoir fait la dernière attraction locale à savoir le Te Mata Peak : un sommet surplombant tout le hawke's bay avec ma foi une fort joli vue .

Nous voiçi donc dans nos champs de citrons toujours avec nos deux fidjiens, et là il s'avère que les c.... en or, cela serait plutôt un nom que l'on donne aux citrons. Le proprio du verger nous envoi donc chez un de ses " buddy", "mate", "fella" ou fermier du coin qui à priori, aurait besoin de main d'œuvre et aurait miracle, de quoi nous loger en sus. Le soir même nous rencontrons Phil et de nouvelles aventures commencent !

VOICI DONC LES AVENTURES D'AURELIE ET ARTHUR A LA FERME

Le travail à la ferme :

Nous nous sommes donc retrouvés dans une ferme ou l'on cultive des " veggies" à savoir des tomates, poivrons, melons, aubergines ... en été et des brocolis, choux fleurs, citrouilles, bettes, poireaux et laitues en hiver.
Un très grand potager !

Etant donc en hiver, vous aurez deviné quelles réjouissances nous attendaient et pour les prochaines semaines. Et, je vous laisse imaginer l'odeur qui plane aux alentours... Les champs d'en face sont des champs de brocolis aussi ... mais ce sont des concurrents, les plus gros producteurs de la région. Ils sont plutot bien équipés !

Et oui !!!! Le Broccoli Crew !!! C'est pas incroyable ca !

De notre côté, on attaque donc par la récolte des citrouilles. Je ne sais pas pour vous, mais nous on n'avait aucune idée de la façon dont on récoltait ce genre de cucurbitacés (autant pour moi).
On commence donc par couper les citrouilles avec un genre de sécateur géant et par les rassembler en tas. Dans un second temps on doit donc les ramasser.

Cela fonctionne ainsi : un tracteur tracte (eh oui) une remorque ou sont installés des trieurs (aurelie entre autre) accompagnés de plusieurs caisses (énormes) en bois qu'il leur faut remplir. Au sol, on retrouve des ramasseurs (dont arthur) qui doivent poser les citrouilles sur un tapis roulant qui les amène jusqu'aux trieurs. Et cela durant toute la journée. On a calculé avoir ramassé 20 à 25 tonnes de potirons en 10 jours. A coté de ça, les pommes c'est de la gnognottte, permettez moi de vous l'assurer. En même temps, vu ce qu'on nous sert pour le " lunch " il vaut mieu avoir de quoi éliminer. Je vous fait le menu basique pour le fun : oeuf, bacon, toast beurrés (jusque la normal), saucisse, patates sautées, ragout de daim. Merci bien le cholestérol.

Parfois, on a un peu l'impression d'etre dans un mélange de " vis ma vie de fermier néo-zélandais" "et de " simple life".

Imaginez la scène :
le fermier à Arthur : "arssur" (th=ss en anglais) je te laisse 30 minutes , tu conduis le tracteur pas de problème" (le tracteur avec grosse remorque et 5 tonnes de pumpkin dans des ornières de 50 cm : le sourire)
le fermier à Aurélie : "Elie" ou "Helly" (ils savent pas dire Aurélie), Il faudrait quelques 1à cauli par crayte (mais heu c'est quoi un crayte ?)"

On a aussi dans une moindre mesure, découvert comment se récoltent les brocos et les cauli (cauliflower : choux fleurs pour les non biligues de la ferme). On utilise donc une espèce de machette de 40 cm de long coupante comme un rasoir pour couper la queue du choux. Ils nous avaient bien sur précisé la dangerosité de l'outil. Un des tongiens qui bosse pour notre boss s'est ouvert le jambe il y a quelques temps. Presque idem pour la remorque et la mise en cais que les citrouilles. Je suis certain que certain d'entre vous ne savent pas comment poussent ces légumes ... Un peu d'éducation en image !













On s'est aussi découvert une vocation de coupeurs de "silver"beet (surtout aurelie) . C'est ce que l'on appelle couramment des bettes par chez nous, et c'est le genre de légume que l'on apprend a detester enfant et qu'en général, on continue a détester adulte. Mais parfois un evénement impromptu vous fait reprendre gout a ce légume viellot. Pour tou vous avouer, on en est maintenant des fans inconditionnels...


Enfin, nous sommes maintenant des pros du kärcher ou Waterblaster. A force de waterblaster caisse en bois pleine de cafards (ou cokrocaches), citrouilles, frigos et autres. A tel point que nous avons pris contact avec m. Hortefeux qui aurait du boulot pour nous à l'est de Paris quand nous rentrerons. (hahaha)

Les loisirs à la ferme :

Pour nos loisirs, nous les avons un peu calqués sur ceux de notre hôte qui est très "chasse pêche et tradition" mode kiwi.
Nous sommes donc allés à la chasse pour la première fois de notre vie. A la chasse au "red deer" pour être précis. C'est assez particulier la chasse dans ce pays. En effet, dans ce pays d"éleveur (sic) les daims sont une "pest" car ils mangent les pâturages des moutons. Il faut donc les tuer. Comme les bergers ne mangent que du mouton, ils appellent leur potes chasseurs pour se débarrasser des daims (donc notre fermier : phil). De plus, ils chassent au fusil a lunette et le quad est très apprécié pour réduire les distances menant au gibier. Cela dit, l'endroit est très beau !

Nous partons donc pour cette chasse à la tombée du jour. Après une petite heure de marche sous le vent (pour ne pas donner l'alerte), on tombe sur le troupeau qui paît paisiblement dans le pré. Ni une ni deux, notre chasseur dégaine son fusil a lunette et bousille un des bestiaux (très proprement, head shot). On se dit alors : cool, on va pouvoir rentré dîner maintenant. Grossière erreur, on doit aller jusqu'a la bête qui en deux temps trois mouvemements se retrouve décapitée et éventrée (notre fermier a chassé l'opposum et le daim pendant 5-6ans avec son frère dans le bush, il a donc un peu de pratique et toujours un couteau sur lui). Et la , on a le droit a la phrase qui tue :" It's real life guys, like our ancesters did for ages before". miam, on avait plus trop faim après au final.

Ames sensibles s'abstenir pour les photos suivantes ...



Le lendemain, on est retourné chercher la bête et il a ensuite fallu la depecer. Surprise c'etait a moi que la tache échouait. C'est pas si difficile que ca en à l'air même si ca remugle sévère et que tu as du sang partout. Ce daim est ensuite emmmené chez le boucher pour finir dans notre assiette quelques jours plus tard. La viande s'est avérée super goutue (sans avoir le goût de gibier pour autant), une des meilleures viandes qu'il nous ait été donné de manger finalement.

On y est retourné quelques fois depuis, il a insisté pour qu'on apprenne a tirer. Bilan : une chêvre sauvage et un lièvre (une nuisance aussi d'après les fermiers du coin, une peste qui mange le bush) pour moi, rien pour aurélie qui n'a pas trop senti le coup et n'a donc pas renté sa chance.

On a aussi eu la chance d'être emmené dans le backcountry par notre hôte. Un pays d'elleveurs de moutons dont les ancêtres ont eu la bonne idée de couper tous les arbres natifs sur les collines 150 ans auparavant pour en faire des paturages, et dont les heritiers s'etonnent maitenant que l'erosion fasse s'écrouler les montagnes (au sens propre du terme). On a d'ailleur vu le plus grand slip (ou glissement de terrain) de l'hemisphere sud et ca ne fait pas trop rigoler. La montagne séparant 2 vallées est en train de disparaitre a grande vitesse.

Non, non, pas ce slip ! Mais plutôt celui en dessous !

Vraiment très impressionnant, des deux côté tout s'effondre ... Et c'est bien un slip !

Enfin un endroit où les 4x4 sont utiles. Voici une route néo-zélandaise PUBLIQUE, qui conduit chez des gens (une seule ferme, de moutons biensur) Toutes les taches blanches sont des moutons et les fermiers possèdent des dizaines de milliers de moutons. Les paysages sont impressionants, une succession de vallées et de montagnes, des moutons partout, des cascades... C'est tout de même le bout du monde ! Je ne suis pas sur que ces gens aient l'électricité ! L'eau courante c'est sur !

Nous avons aussi rencontré des chèvres sauvages dont un chevrau ! Pas question de le tuer !

On a aussi été a la pêche mais on est vraiment trop mauvais. Bredouille !!!

On a aussi eu droit au diner typique kiwi (un des copains de phil venait de tuer un de ses moutons, il lui à donc filé une épaule en gage de bonne amitié) : pour ce deiner , nous avons donc eu : une épaule de " mutton" , a ne pas confondre avec notre mouton , le mutton etant le mouton mort (et le "sheep le mouton vivant). Celui ci etait accompagné de patate douces, de citrouilles (ras le bol ...) de parsnips (carottes blanches au gout anisé), de patates et de brocolis du jardin ! N'oublions pas la sauce gravy ! Tout ça faisait vraiment très british, ce qui était de mauvais augure, mais finalement pas si mauvais !

La maison où nous logeons ce n'est pas le style british mais bien kiwi (du bois et de la taule !) Mais l'endroit, si l'on oubli l'odeur (on s'y fait) est charmant et il y a une cheminée ! Nous avons pas mal de compagnie, 3 chiens, 3 chats et 2 chevaux !


Et Le garage est rempli d'outils qui inspirent certain !



On espère que tout va bien pour tous nos lecteurs et que le passage à l'été est agréable même si d'après ce qu'on voit de roland garros, ca n'a pas l'air d'être fou de ce côté la !!! :p


A très bientôt !

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